Comment obtenir des avis Google sans harceler ses clients
Demandez une seule fois, à la fin du chantier, avec un lien qui ouvre directement la fenêtre d'avis. C'est tout. La quasi-totalité des entreprises qui n'ont pas d'avis n'ont pas de problème de clients mécontents : elles n'ont simplement jamais demandé.
Pourquoi les avis pèsent autant
Ils agissent à deux endroits en même temps, ce qui est rare. Ils comptent dans la notoriété mesurée par Google, donc dans le classement de votre fiche. Et ils sont ce qu'un client regarde en dernier avant de composer votre numéro.
Concrètement, une entreprise avec une note excellente et six avis perd régulièrement contre une entreprise correcte avec cent avis. Ce n'est pas rationnel dans l'absolu, c'est parfaitement rationnel pour quelqu'un qui doit décider en dix secondes : le nombre rassure plus que la note.
Quel est le bon moment pour demander ?
À la fin du chantier, quand le client vient de constater que tout fonctionne. Pas trois semaines plus tard, quand l'émotion est retombée et que votre message arrive comme une sollicitation de plus.
Il y a un moment encore meilleur : celui où le client vous remercie spontanément. Quand quelqu'un vous dit merci, il est déjà en train de vous faire un avis, il le fait juste à l'oral. Il suffit de lui proposer de l'écrire.
Quel message envoyer ?
Court, personnel, sans mise en forme commerciale. Trois phrases suffisent : rappeler ce qu'on vient de faire, dire pourquoi l'avis compte pour une petite entreprise, et donner le lien direct.
Un exemple qui fonctionne : "Bonjour Untel, content que la salle de bain vous plaise. Si vous avez deux minutes, un avis Google aide beaucoup une entreprise comme la nôtre à se faire connaître. Voici le lien direct, ça prend trente secondes."
Ce qui compte le plus dans ce message, c'est le lien. Un client qui doit chercher votre entreprise sur Google, trouver la bonne fiche puis le bouton abandonne en chemin une fois sur deux. Le lien direct supprime tout ce parcours.
Par quel canal ?
Celui que vous utilisez déjà avec ce client. Si vous échangez par messagerie instantanée, envoyez le lien là. Si c'est par courriel, mettez-le dans le message qui accompagne la facture. Ne créez pas un canal exprès pour demander un avis, ça sonne artificiel.
Le message écrit fonctionne mieux que la demande orale, pour une raison simple : le lien est cliquable. Une demande orale oblige le client à faire le travail lui-même, et il l'oublie avant d'être rentré chez lui.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire
- Relancer plusieurs fois. Une demande, éventuellement un rappel discret. Au troisième message, vous n'obtenez pas un avis, vous perdez un client.
- Offrir une remise contre un avis. Interdit par Google, et les conséquences peuvent toucher toute la fiche.
- Filtrer les clients à qui vous demandez. Ne solliciter que les clients ravis produit une page d'avis parfaits qui inspire la méfiance. Quelques avis moyens bien répondus rendent l'ensemble crédible.
- Écrire les avis soi-même ou les faire écrire par des proches. C'est détectable, c'est de la fraude, et ça peut coûter la fiche entière.
- Tout demander d'un coup. Vingt avis en trois jours après deux ans de silence attirent l'attention. Un rythme régulier vaut mieux qu'une opération commando.
Faut-il répondre aux avis ?
Oui, à tous, y compris aux bons. Une réponse courte suffit sur un avis positif. Sur un avis négatif, la réponse compte davantage que l'avis lui-même : c'est elle que liront tous les futurs clients.
La bonne structure d'une réponse à un avis négatif tient en trois temps : reconnaître ce qui s'est passé sans se justifier, dire ce qui a été fait ou proposé, et inviter à poursuivre en privé. Ce qu'il ne faut jamais faire : contredire le client point par point en public, même quand on a raison. Le lecteur ne juge pas qui a raison, il juge comment vous réagissez quand ça se passe mal.
Quel rythme viser ?
Le bon objectif n'est pas un chiffre absolu, c'est une régularité. Deux à quatre avis par mois, tous les mois, valent mieux que trente d'un coup puis plus rien. Une fiche qui reçoit des avis récents en permanence envoie le signal d'une entreprise en activité.
Le calcul est simple : si vous terminez huit chantiers par mois et que la moitié de vos clients répond, vous obtenez quatre avis mensuels sans effort supplémentaire. En un an, ça vous place devant la plupart de vos concurrents, pour un coût de zéro euro.
Le client a promis un avis et ne l'a jamais laissé, que faire ?
C'est le cas le plus fréquent, et il n'a rien à voir avec la satisfaction. Le client était sincère sur le moment, puis la vie a repris. Un rappel unique, quelques jours plus tard, sur le même canal, suffit dans une bonne partie des cas.
Au-delà, laissez tomber ce client-là et concentrez-vous sur le suivant. Le système doit tenir sur le volume de chantiers, pas sur l'insistance auprès d'une personne.
Le cas des chantiers longs
Sur une rénovation qui dure six semaines, la fin de chantier n'est pas toujours le bon moment : il reste souvent une reprise, un détail, une réserve. Demander un avis pendant qu'un point est en suspens, c'est prendre le risque de récolter la frustration plutôt que la satisfaction.
Attendez la levée des réserves. Le client se souvient alors de l'ensemble, pas du dernier désagrément.
Combien d'avis faut-il viser ?
Regardez ce qu'ont les trois entreprises classées devant vous sur votre recherche principale. C'est votre repère, et il vaut mieux qu'un objectif abstrait : si les trois en ont autour de cent, en avoir dix ne suffira pas à vous rendre crédible, et en avoir trois cents n'est pas nécessaire.
Le rattrapage se joue en mois, pas en semaines. Une entreprise qui récolte régulièrement rejoint en un an des concurrents installés depuis dix ans, simplement parce que ces concurrents ne demandent plus rien depuis longtemps.
Les avis ailleurs que sur Google
Google reste le plus utile, parce qu'il agit à la fois sur le classement et sur la décision. Les autres plateformes ont un intérêt plus limité pour une entreprise locale, sauf si votre métier a un annuaire de référence que vos clients consultent vraiment.
Un principe à garder : ne dispersez pas vos demandes sur cinq plateformes. Vous obtiendrez cinq fois peu au lieu d'une fois beaucoup, et c'est la masse au même endroit qui produit l'effet.
Pour aller plus loin
Cet article décrit le mécanisme. Si vous voulez qu'on le mette en place chez vous, la page ci-dessous détaille comment on procède.